vendredi 28 février 2025

Les roseaux sauvages (1994) Téchiné (vu à la télévision C+)

Si un film, vu le soir à la télévision, me hante au réveil, et le lendemain, c'est le signe que c'est un film mémorable. 
Pour les films vus en salle, le désir vient des bandes annonces, des critiques. pour un film vieux de 30 ans sur petit écran, le souvenir est important. 


Sorti en 1994, il raconte une époque de trente ans en arrière : en 1962 à la fin de la guerre d'Algérie. 
Un très jeune couple, François et Maïté, assistent à une noce de campagne. Le marié est en uniforme, il va repartir en Algérie et envisage de déserter. Il sollicite l'aide de son ancienne prof de français qui est communiste. Les communistes ont aidé ceux qui ne voulaient pas combattre, mais la situation a changé, la guerre va se terminer. 

A l'internat du lycée, Serge , le frère du marié, et François forment une paire d'amis ;  plus qu'ami pour François qui prend conscience de son homosexualité. Henri, un rapatrié d'Algérie, survient, plus âgé et plus mûr, blessé provoquant, sympathisant de l'OAS tandis que François et Maïté sont proches du PC. 

La guerre  s'interpose dans la fraîcheur des adolescents qui dansent, se baignent, et préparent le bac. 

La sexualité aussi s'impose, sexualité très floue, amitiés ou amours. 

Pudeur et tendresse de Téchiné!






mercredi 26 février 2025

L'Énigme Velázquez - Stephane Sorlat


1h30 de déambulation dans les tableaux de Velázquez ,des œuvres qui s'en sont inspirées,  ou qui ont précédé, Ribera ou Caravage. Velázquez, "peintre des peintres", selon Manet a été source d'inspiration jusque dans le monde contemporain. Picasso a déconstruit les Ménines. Bacon a décliné le portrait du pape Innocent X sous différentes déformations burlesques. 
Nains et Bouffons d'une humanité touchante, mis en valeur par une scène de Rigoletto.
Théâtralité des tableaux de Velázquez, 6 personnages en quête d'auteur. Modernité de ce théâtre. 
Et bien sûr Goya!
moins attendu : Sorolla. 
Dali considérait Velázquez comme un génie, son égal, on en attendrait moins du mégalo. 
Aussi des artistes contemporains moins connus (de moi)
Cette promenade est un émerveillement. 
Une nouvelle énigme à chaque occasion : quel est le peintre, quel est le tableau?
Les connaisseurs s'y retrouvent mieux que moi
je découvre les Fileuses que je ne connaissais pas
Peintre du roi, peintre des humbles. Peintre de cour et de batailles. 

Il faudrait que je le visionne une nouvelle fois!



dimanche 23 février 2025

The Brutalist | Brady Corbet








Un Monument de Cinéma

3h35, un format inusuel, pour l'histoire du rêve américain. Un film construit un peu comme un opéra avec une ouverture monumentale, l'arrivée de l'immigrant en Amérique et la vision de la Statue de la Liberté. mais la statue est de travers, même à l'envers
Le premier acte raconte l'arrivée en Amérique en 1947de Laslo Toth, un architecte hongrois qui doit repartir de zéro, accueilli par un cousin qui lui offre un travail médiocre et un abri rudimentaire. Laszlo se retrouve à pelleter du charbon. Une commande miraculeuse d'un milliardaire le propulse au sommet de son art : il dessine un monument à la mémoire de la mère de son mécène avec une bibliothèque, une salle de spectacle, une chapelle....Le chantier est pharaonique. mais Laszlo va déchanter
Entracte
Deuxième acte avec l'arrivée d'Erzsebet retenue en Hongrie qui relance le chantier et redonne le moral à Laszlo. les rapports entre l'architecte et le capitaliste se tendent. Sous une apparence de mécène, le milliardaire est détestable. le mépris et l'antisémitisme des Wasp ne se cache même pas...

Epilogue : 30 ans plus tard, le travail de Laszlo est reconnu à la biennale de Venise. 

Comme dans un opéra, la musique est très présente. 
la mise en scène donne le tournis. Le chantier pharaonique. 

Avec un héros architecte, je pensais voir un film sur l'architecture. 

The Brutalist fait référence au style architectural brutaliste utilisant le béton brut pour des constructions audacieuses. Le Nouveau Créteil en est un des exemples, rien que pour cet aspect, je serais allée voir le film. On a écrit que le personnage de Laszlo s'était inspiré d'u  véritable architecte Breuer. Cependant, le style brutaliste et l'influence du Bauhaus étaient reconnus aux USA avant la deuxième Guerre Mondiale ; dans la réalité Laszlo aurait été accueilli dans les universités américaines les plus fameuses. 

En revanche le "brutalisme" caractérise plutôt la brutalité des rapports de classe, brutalité entre le commanditaire et l'architecte; Brutalité aussi entre l'architecte qui se prend pour un artiste et les ouvriers. Brutalité de l'intolérance et de l'antisémitisme qui ravage le rêve américain. 

En tout cas, un grand film qui se déroule sans temps morts malgré la longueur (3h35) annoncée. 








mardi 18 février 2025

Ama Gloria - Marie Amacoukeli (2023) - sur Ciné+

Sorti en Aout 2023, il m'avait échappé, séance de rattrapage à la télévision ce soir pour cette pépite. Un film tendre, sincère, touchant. 
Cléo, 6 ans, a perdu sa maman. Elle éprouve un amour inconditionnel pour Gloria sa nounou.



 Un beau jour, Gloria apprend que sa maman est décédée. Elle décide de retourner dans son île du Cap Vert où elle a laissé ses deux enfants. Fernanda l'ainée, est enceinte. Gloria a aussi des projets...

Cléo la rejoint pour les vacances. Elle doit comprendre que Gloria a une autre vie, que, devenue grand mère, elle  va s'occuper du bébé. 
Immense chagrin de la petite fille!


samedi 15 février 2025

LE JARDIN ZEN (2024) Mariko Tsutsui

Un voyage au Japon dépaysant et très drôle!

le film commence de manière très traditionnelle : Yoriko, ménagère parfaite, prépare un repas à son mari et son fils. Parfaite belle-fille d'un vieillard égrillard...
Le mari prend soin d'un jardin très fleuri. 

Aux actualités : la catastrophe de Fukushima; on s'attend au pire.

Ce n'est pas du tout cette catastrophe : le mari disparaît sans mot dire.
Yoriko se construit une vie tranquille . Elle prie beaucoup et se purifie avec de l'eau ; Comme on ne connait pas les codes japonais on ne se rend pas compte tout de suite qu'elle est sous l'emprise d'une secte...
Le mari revient,  sans gêne et odieux. Va-t-elle se venger ou reprendre son rôle d'épouse modèle?
Une collègue de travail très drôle lui conseille de se rebeller. Un film féministe? 
Sont-ils tous cinglés? 
Et le jardin  zen? Découvrez le vous-même!




lundi 10 février 2025

La mer au loin de Saïd Hamich - (2025)

Marseille, 1990, une bande de clandestins vivant de trafics divers, faisant la fête 
marocains, algériens, aimant danser, rigoler

Nour, 20 ans, venant de Oujda se fait arrêter. Serge, le commissaire, étrangement brûle le passeport marocain  et le relâche. 

Un trio amoureux : Serge  et Noémie, solaires, veulent vivre en totale liberté leurs amours, font la fête dans des lieux interlopes, Nour, angélique, est entraîné dans leurs aventures.
Ils retrouvent la bande de copains dans un Marseille, blanc - beur

Un film sensible, joyeux, parfois dramatique, tout en nuances qui parle d'amour, de musique, d'exil, de déracinement, loin des clichés. 
J'ai beaucoup vibré avec la bande-son qui entraine les personnages dans des danses presque des transes. Raï qui unit tous les personnages, même Hussein, ouvrier agricole, solitaire, qui a laissé femme et enfants en Algérie, s'est éloigné de Marseille et de ses amis, reste la musique...

lundi 3 février 2025

LA PIE VOLEUSE -Robert Guédiguian- Ariane Ascaride, Darroussin etc...

l'Estaque, ses rues bordées de jardins, sa plage, le train...maintenant que nous avons visité les lieux, j'y retourne au cinéma avec encore plus de plaisir!
Toute la bande, de film en film, vieillit tranquillement avec nous, ils sont à la retraite maintenant sauf Maria (Ariane Ascaride) auxiliaire de vie chez d'autres vieux.  Chaleureuse, efficace, toujours disponible, bonne cuisinière mais ...voleuse. Petits larcins prélevés sur la monnaie des courses, chèques détournés. 
Pour embellir la vie : des huitres dégustée sur la terrasse, de la musique, de la belle...sa fille caissière et son gendre, chauffeur routier ne pourraient pas payer les leçons de piano. Les bourgeois seuls ont droit à la musique? 
Pie voleuse, Rossini!
Et Victor Hugo, comme dans les Neiges du Kilimandjaro
Des braves gens? Bien sûr, malgré leurs faiblesses et leurs écarts que nous pardonnerons volontiers.