mercredi 28 octobre 2026

Quelques mots d'amour - (France 2026) de Rudi Rosenberg avec Hafsia Herzi en avant première aux Cinémas du Palais

 



Sarcelles 1995, Abigaëlle veut connaître son père qui ne l'a pas reconnue à la naissance. Erika, sa mère (Hafsia Herzi) l'accompagne jusqu'à la maison à Paris, Antoine ferme sa fenêtre refusant même de la regarder. Cette scène ne découragera pas la petite fille qui s'entête dans sa quête jusque dans l'adolescence. 

Quête du père? Quête d'amour? La famille composée d'Erika, la mère, Abigaëlle et de Ioni le petit frère, est pourtant une famille aimante. Une certaine pudeur empêche de dire les mots d'amour qui consoleraient la petite fille. 

Pas de mots d'amour mais une grande tendresse.  Un film chaleureux où voisins et famille partage un vivre ensemble qui semble avoir disparu. en 1995 Juifs, Arabes, ou Blacks cohabitent avec bonheur et entraide. Chaleur humaine et humour. On sourit beaucoup, les blagues circulent (pas forcément de bon goût) l'important est de rire ensemble. 

Plaisir de retrouver les objets du "siècle dernier" de la cabine téléphonique où l'on inserre une carte, du répondeur qui enregistre les messages. MSN existe en fin de film, mais pas de SMS ou de réseaux sociaux. On attend la sonnerie. On enregistre les mots qu'on ne peut pas dire en face. 
Et, il y a l'amour inconditionnel de Vani, le chien. Le seul qui ne refreine pas ses manifestations d'amour.

les acteurs, non professionnels (sauf Hafsia Herzi) sont tous parfaits . Authenticité et  naturel. 



Nous avons eu le plaisir de rencontrer le réalisateur Rudi Rosenberg qui nous a raconté comment on fait du cinéma en filmant des enfants( protégés par la législation, quelques heures de tournage par jour seulement, et pas de nuit) ce qui a imposé de redonstituer les décors en studio pour une nuit artificielle. Comment on tourne avec des chiens....Une leçon de cinéma, en toute simplicité. merci!

Un très beau film, à ne aps rater!

mardi 27 octobre 2026

Minotaure (2026) Andrei Zviaguintsev

 


Un film russe, en Russe, traitant de la Russie après l'invasion de l'Ukraine? Impossible de le tourner en Russie, mais Riga fera l'affaire pour représenter une ville russe moyenne. 

la situation politique apparaît en filigrane dans l'histoire.  Gleb, dirigeant d'une entreprise de logistique vit dans une villa dans la forêt, au bord d'un lac. Grandes baies vitrée, meubles design. Galina sa femme, s'ennuie et passe beaucoup de temps sur le smartphone. Un très gentil fils adolescent, un SUV luxueux..

L'opération spéciale est loin,  les collaborateurs désertent l'entreprise et Gleb s'inquiètent pour ses plannings...Le Maire de la villeexige des responsables d'entreprise une liste de collaborateurs pour les enrôler dans la guerre. Volontaires désignés. Pas de problème, on embauchera quelques chômeurs! On asssite au départ des cars des mobilisés accompagnés par leurs proches. Déchirant. 

Gleb se doute que sa femme, insatisfaite, le trompe. 

Le gentil mari, l'entrepreneur sans reproche, l'homme poli va se transformer en monstre : Minotaure quand il trouve l'amant de Galina, l'abat et se débarrasse du corps. 

Le film est long, il avance lentement entre corruption, hypocrisie et meurtre brutal...La mise en scène est impeccable, les éclairages soignés. Le spectateur, d'abord incrédule, se laisse embarquer. Fin étrange.   


lundi 26 octobre 2026

Marie Madeleine - Haïti - 2026 Gessica Geneus

 


Des images d'Haïti! 

Après la polémique sur le livre de Thélyson Orélien d'une réalité noire, sanglante, des souvenrs très lointains d'images de séisme, poussière grise, tenues militaires, des gangs des tenues de combat, je ne m'attendais pas à tant de couleurs, à tant de vie, à tant de beauté. a

On est saisi par les oranges, les jaunes rouge, les couleurs pétantes. Fasciné par les ambiances nocturnes aussi, la luxuriance de la nature, la présence de la mer

Beauté des corps, leur liberté sans apprêt des  femmes dans le bordel

En face, Jacques, le pasteur,  a édiffié son église évangélique. Une église en face d'un bordel. Immense provocation. Il éructe, il hurle, il maudit le Les  prostituées ne se laissent pas faire; Affrontement entre Satan, la prostitution mais aussi le vaudou, scène théâtrale de décapitation d'une poule noire....

Marie Madeleine est prostituée, on la découvre dans sa chambre, sa vie intime. 

Joseph, le fils de Jacques, est photographe, il se promène avec son appareil-photo, tend la main à Marie Madeleine. Ces deux-là vont former un couple étrange, loin de la sexualité. Joseph est plutôt un ange, un témoin aussi. Est-ce lui l'auteur de ces si belles images? Images flottant au dessus de la ville de Jacmel, images de carnaval, images de la mer. Danseurau dessus de l'eau. 

Tant de belles images. On feuillette un album photo sans trop se soucier de l'histoire qui se déroule. D'ailleurs, y a-t-il vraiment une histoire? on se doute que cela se terminera mal.








samedi 12 septembre 2026

Les Survivants du Che - un film de Christophe Réveillé (2026) - France


Est-ce un film d'aventures qui raconte la fuite de six hommes à travers montagnes et déserts de Bolivie poursuivis par l'armée Bolivienne et les services secrets américains, 2400 km à pied à travers l'Altiplano et les volcans des Andes? 

Est-ce un documentaire? Des témoignages avec les interviews des anciens guerilleros qui ont pris part à cette cavale.

Une leçon d'Histoire qui raconte le monde des années 60, la Révolution cubaine, la Tricontinentale, la guerre du Vietnam, la guerilla en Amérique latine....

Un film d'animation parfaitement dessiné, quand les images manquent ...

En sortant je me suis demandée comment ces interviews ont pu nous parvenir, les protagonistes étant vraiment très vieux ou décédés. Un petit livret d'une vingtaine de pages (à ne pas oublier à la sortie) raconte que Christophe Réveille a mis plus de vingt ans à réaliser le film. Il a rencontré l'un  des guerilleros en France où il s'était exilé en 2004...


Passionnant! Même si le monde a changé et que notre regard sur Fidel et la Révolution castriste n'est plus le même. 








 

lundi 24 août 2026

Paradise (2026) France/ Quebec/Ghana un film de Jeremy Comte

 


Paradise? 

Titre ironique, deux réalités qui n'ont rien d'idyllique. 

L'affiche traduit tout à fait l'esprit du livre. Antoine, sur son skate, glisse dans un environnemnt terne, Kojo et ses copains flambent, grisés par une richesse mal acquise. 

Le Québec à l'automne, feuilles rousses, eaux grises.Morne quotidien. 

Accra , couleurs pétantes, misère et richesse excessive, nature envoûtante très proche.

Surtout ne pas divulgâcher; je ne dirai rien de l'histoire sinon que vous serez surpris. Des indices qui n'en sont pas. Des titres de chapitres qui ne correspondent à rien première partie "le Bateau", pas de bateau, à vous de fantasmer, pas plus de capitaine dans la deuxième partie intitulée "le Capitaine", la troisième "le Feu" a un feu. 

La richesse n'est pas où on l'attend. le jeune Blanc  fait des ménages, les jeunes Blacks ne s'y abaisseraient pas. Ce qui n'empêche pas un discours anticolonial virulent...

De très beaux visages, de très belles images. un rythme étourdissant. 

Déconcertant!





dimanche 23 août 2026

les Silences de Riyad (2026) Arabie Saoudite un film de Haïfaa jd Al-Mansour

 

Un thriller  séoudien, une rareté? pas tant que cela. 

La réalisatrice n'en est pas à son coup  d'essai.  Haïfaa Al-Mansour a déjà réalisé d'autres films la très touchante Wadjda et ThePerfect Candidate que j'ai vus et d'autres...les femmes n'ont l'autorisation de conduire que depuis 2018 mais l'héroïne est montrée au volant sans que personne ne trouve à y redire. 

Film de femmes? 

Une  jeune fille est retrouvée morte dans le désert. Nawal travaille au commissariat, boulot subalterne, est réquisitionnée comme témoin (il faut une femme). Comme personne ne réclame le corps, Nawal se mobilise pour donner une sépulture décente à cette adolescente. Elle mène son enquête. A sa façon. Furetant dans les lycées, les magasins de vêtement. Quel est le collègue masculin qui aurait l'idée de chercher des indices sur l'abaya abandonnée?

L'intrigue policière est bien menée. On voit le mépris des hommes pour cette enquêtrice très futée qui leur dame le pion, découvre l'identité de la victime....

Et le spectateur est hameçonné dans un thriller...

Evidemment, rien de bien extraordinaire en dehors de la présence récurrente des femmes. 

Et puis....je vous laisse la surprise!




jeudi 20 août 2026

Fjord (2026) Roumanie - Cristian Mungiu

 




Une palme d'or bien méritée. 

Un film qu tient en haleine le spectateur, comme un thriller. On se demande bien comment cela va se terminer. Des paysages sublimes, même deux avalanches. Nous sommes dépaysés dans ce village du bout du monde. j'ai été bousculée dans mes convictions : comment puis-je me prendre d'empathie pour cette famille d'évangélistes plus que réactionnaires, confits en dévotion, refusant toute ouverture sur le monde et en plus élevant les enfants à coup de punitions corporelles.

 

Tout ce que je combats et déteste!%

 

Mais voilà : les fonctionnaires de la Protection à l'Enfance sont si antipathiques qu'on ne peut que les détester. Elles vont jusqu'à arracher le nourrisson que la mère allaite et qui n'a posé aucun problème pour lui faire subir des radios et des scanners. Les enfants seront séparés, et pas qu'un peu : 80 km dans la montagne! Pour éviter une hypothétique maltraitance on inflige une séparation traumatiques à ds enfants et des adolescents qui viennent tout juste d'arriver en Norvège et qui parlent à peine le Norvégien (ils parlent anglais) . Pour se défendre, le père est démuni, on lui fait signer des déclarations qu'il récuse et cela tiendra lieu d'aveux et de preuves. Les incompréhensions sont totales, les cultures tellement différentes. Le père ne témoigne aucun remords, il a reçu ds fessées, il ne voit aucun mal à reproduire cette éducation. En Norvège, la fessée est passible de la prison.

 

Derrière cette famille se trouve toute une communauté évangéliste qui la soutient, y compris avec des manifestations violentes. Aucun dialogue possible, aucun compromis. Les reponsables de la Protection à l'Enfance sont assimilées aux communistes roumains "quand on leur donne un pouvoir, ils en abusent.".

 


Mungiu prend parti pour la famille . Il filme les fonctionnaires sans aucune nuance. Dans une interview, il affirme que les enfants enlevés à leurs parents sont à 90% d'origine étrangère, on imagine des relents de xénophobie. Croisade anti-woke? ou comme il l'affirme aussi, dialogue impossible entre les extrêmes. Aussi, soupçons anti-émigrés? En tout cas, un film très bien fichu mais très malaisant.