carnets de voyages de miriam : toiles nomades
Ouvrir l'œil, décrire pour mieux voir, écrire pour se souvenir, revivre des instants enfuis, partager
mercredi 29 juillet 2026
De la Comédie Française (2026) - martin Darondeau et Bertrand Usclat
dimanche 19 juillet 2026
L'Aventure rêvée - 2026 (film Bulgaro/Autrichien/France /Allemagne) de Valeska Griselbach
2h 42, vais-je m'ennuyer? Eh bien non, pas un instant.
Un véritable coup de coeur.
Exotisme que cette frontière entre la Bulgarie, Grèce et Turquie. La route arrive à une sorte de bout du monde.Svilengrad. Said, taiseux, aux yeux plissés qui boit et fume au volant, débarque dans une sorte de nulle part, casinos fermés, poste frontière minable, hôtels décatis.
Exotisme du cyrillique que je m'amuse à déchiffrer, du Bulgare que j'écoute avec plaisir sans rien comprendre bien sûr, je capte quelques expressions qui ressemblent au Russe.
Exotisme des personnages, populations mêlées, Said est un Pomak des Rhodopes, il raconte les changements de son nom exigés par les communistes, Alben, Evgueni, il est retourné à Said. Ces ferrailleurs sont-ils roms? et ces mineurs-ferrailleurs encore attachés à la mine.
Nous sommes au centre de tous les trafics imaginables, métaux récupérés des mines et industries du communisme qui ont fermé, carburants détournés, drogues et cigarettes, migrants, que font ces femmes polonaises dans l'hôtel en ruine? ouvrières câblant des panneaux solaires ou prostituées? troupeaux qui divaguent...trésors enfouis dans les ruines.
Veska (Yana Radeva, extraordinaire) est archéologue le jour, elle dirige un chantier dans une tour byzantine (ou ottomane) pendant la journée. Patronne exigeante d'ouvriers locaux qu'elle dirige avec bienveillance et autorité. Le soir, au volant de son petit SUV rouge, ou même à pied, elle devient contrabandière, voleuse, batailleuse. Elle s'invite à nombreuses tables. Femmes de caractère qui racontent leus aventures. Maffieux de tout calibre, des jeunes brutes au caïd tout-puissant dans la région,. ouvriers et mineurs plutôt alcoolisés. Veska ne refuse pas un verre de rakia ou de café, taxe d'une cigarette. Etonnament à l'aide parmi des hommes à l'humour plus que douteux. Veska en impose, elle tente de protéger ses ouvriers. Elle les connaît tous depuis son enfance, elle s'est battue avec les garçons. Elle connaît aussi le prix que les femmes ont payé pendant "l'êge d'or des hommes" quand les maffieux ont dépecé le pays et que tout était permis. Elle est assez forte pour dire son fait à Ilia le caïd.
Ilia rencontre Veska au début du film. On imagine quelque chose de fort entre eux. Se retrouveront-ils?
Souvenirs littéraires de Lisière de Kapka Kassabova qui se passe dans la région ainsi que Les Carnets de la Strandja 1989-2019 d'Alexandre Levy. Deux livres que j'ai beaucop aimé et qui se rapportent à cette région.
jeudi 2 juillet 2026
Notre histoire - Chroniques du Caire - (2026) un film de Abu Bakr Shawky
dimanche 28 juin 2026
Seuls les rebelles - (2026) Liban Danielle Arbid avec Hiam Abbas
Le nom de Hiam Abbass suffit pour me faire traverser Paris. L'histoire se déroule à Beyrouth. Sous les bombardements israéliens, le tournage n'était pas envisageable. Comme dans le cas des iraniens interdits de filmer, les contraintes font naître dans l'imagination des réalisateurs des films originaux . J'étais curieuse de ces images importées du Liban pour un film tourné en France.
Comme je n'aime pas lire les critiques avant de visionner le film, je ne savais pas qu'il s'agissait d'un remake de Tous les autres s'appellent Ali de Fassbinder.
Suzanne(Hiam Abbass) est une veuve palestinienne, mère de deux grands enfants adultes. Elle intervient dans une bagarre entre des racailles et un ouvrier soudanais sans papier de quarante ans de moins qu'elle, elle le soigne. Ils tombent amoureux songent à se marier. Ils subissent les critiques violentes et racistes du voisinage et même des enfants de Suzanne. Rejet des autres, rejets de l'étranger, pourtant Suzanne est palestinienne, mais intégrée de longue date au Liban. Rejets des prêtres chrétiens, Osmane est musulman. Violence et corruption dans une ville chaotique.
jeudi 25 juin 2026
les Musiciens (2025) Grégory Magne avec Valerie Donzelli, Fred Pierrot , Mathieu Spinosi, Marie Vialle, Daniel Garlitsky, Emma Ravier
Vu au cinéma à sa sortie, revu avec grand plaisir sur Canal+ une très jolie comédie sur des musiciens (comédie musicale cela correspond à autre chose!)
Au départ : le rêve d'un très riche industriel : réunir 4 stradivarii, former un quatuor de virtuoses, produire un concert unique dans une église à l'acoustique exceptionnelle pour une oeuvre jamais jouée d'un musicien inconnu.
La fille du mécène décédé veut réaliser le rêve de son père malgré l'opposition de son frère qui considère que l'opération est ruineuse.
Les quatre musiciens : Mathieu Spinosi, Marie Vialle, Daniel Garlitsky et Emma Ravier sont réunis pour une semaine de répétitions. Ego surdimensionné des vedettes, conflits amoureux, et mépris pour l'altiste venant du monde des réseaux sociaux et des influenceuses. Ils n'arrivent à rien qu'à se déchirer en querelles stériles.
L'organisatrice fait appel au compositeur Fred Pierrot (excellent) qui les dirigera en évoquant le vol des étourneaux dans leurs murmurations. Et finalement le miracle aura lieu, enfin, ils s'écoutent et même improvisent pour notre grand plaisir. Et j'en redemande, même après cette deuxième séance!
mercredi 24 juin 2026
The Christophers - (2026) Steven Soderbergh avec Michaela Coel et Ian McKellen
Lori Butler (Michaela Coel), une plasticienne désargentée mais une faussaire habile, est contactée par les héritiers de Julian Sklar qui fut en son temps une gloire de la pop, pour terminer une série de tableaux oubliés qu'ils veulent vendre après le décès imminent de leur père. Ils l'engagent pour être l'assistante de Julian Sklar qui ne peint plus depuis des années.
mardi 23 juin 2026
L'Être Aimé - ( Cannes 2026) Rodrigo Sorogoyen avec Javier Bardem et Victoria Luengo
Comme je suis fan absolue d'Almodovar j'ai commencé par Autofiction que je n'ai pas chroniqué, une impression de déjà-vu, Almodovar fait de "l'Almodovar", brillant, coloré, mais rien de bien nouveaeu.
En revanche j'ai été bluffée par L'Être Aimé . La puissance de Javier Bardem, sa présence, explosent. Victoria Luengo doit s'imposer en face pour exister. Et c'est justement l'un des sujets du film : Bardem joue le père, un réalisateur reconnu mondialement tandis que Emilia(Victoria Luengo) sa fille, une actrice mineure gagne sa vie comme serveuse dns un bar. Esteban-Bardem a abandonné sa famille, a négligé sa fille 13 ans durant. Il est revenu à Madrid lui offrir la chance d'un grand rôle et reconquérir son affection. Ce n'est pas gagné. Une très longue séquence dans un restaurant filmée très près, montre l'opposition entre le père et la fille. Emilia accepte le rôle, elle sera actrice dans son film, mais refuse de rentrer dans le rang de la famille et de jouer celui de la fille.
En plus du thème père-fille. L'Être Aimé nous offre le making of d'un film, le tournage avec toutes les prises que le metteur en scène exige, jouant avec les nerfs des acteurs et des techniciens. Le tournage de la scène du repas explose, d'abord en fou-rire (les nôtres aussi, spectateurs dans la salle, puis en rebellion des acteurs. Esteban-tyran-maître de son film est d'une violence insoutenable. A l'époque de metoo, le mâle alpha a plus de mal à s'imposer!
J'ai beaucoup aimé le presque documentaire sur le tournage.


