vendredi 1 décembre 2017

La villa - Guédiguian

Je reste fidèle à Guédiguian, Ascaride, Daroussin et les autres...depuis Marius et Jeannette

lundi 27 novembre 2017

En attendant les hirondelles - film algérien de Karim Moussaoui

INVITATION AU VOYAGE EN ALGÉRIE

Proche et lointaine l'Algérie n'est pas vraiment ouverte au tourisme, c'est donc au cinéma que je la visite avec grand plaisir.
 En attendant les hirondelles, film hivernal , qui attend le printemps, et le changement. 
Trois histoires, sans vraiment de lien entre elles. La première et en scène un couple séparé où les enfants ne se  projettent pas dans l'avenir. Le père est témoin d'un agression et il se cache derrière un muret plutôt que d'intervenir. Dans la dernière aussi, Dahman, médecin n'est pas internvenu pour faire cesser un viol collectif auquel il a été le témoin, peur ou lâcheté? 
Plus légère est la séquence qui raconte le voyage d'un père et de ses filles au mariage de la plus jeune, mariage arrangé, sans vraiment d'amour. Le chauffeur qui les conduit est l'ancien amoureux de la mariée....Encore un renoncement! 
Dérobades, renoncements, on pourrait imaginer un film qui se traîne. Pas du tout! Il y a l'énergie de la musique et de la danse. On danse beaucoup et pas seulement au mariage! 
Inattendu aussi : Ich hab Genug de JSBach qui dramatise les séquences. 


mercredi 22 novembre 2017

carré 35 Eric Caravaca

Documentaire familial


Un vrai coup de coeur pour ce film atypique qui me réconcilie avec le cinéma après avoir vu une série de films décevants. 
Le carré 35 est le carré du cimetière français à Casablanca où est enterrée la soeur du réalisateur. Soeur cachée, l'absente dont on n'a même pas gardé une photo. Le cinéaste va mener une enquête qui nous conduira de surprises en surprises. 

Tout d'abord il restitue le contexte historique, la petite fille st décédée en 1963, la famille va quitter l'Algérie, puis le Maroc...Exil, une vie nouvelle s'ouvre pour la famille. Est-ce la raison d'un oubli nécessaire pour se reconstruire? Découverte de nombreuses incohérences dans le roman familial. L'effacement de l'enfant cache autre chose....Je ne veux pas spoiler. 
Le mille-feuille de l'histoire familial est beaucoup plus riche qu'on ne l'imaginait! 
A voir, absolument! 


samedi 18 novembre 2017

Boxe boxe Brasil : Merzouki à la MAC

Nous avons passé une excellente soirée à la Maison des Arts de Créteil. 
Avec Merzouki, on ne sait pas trop à quoi s'attendre; il mélange le hip hop avec toutes sortes d'ingrédients. Aujourd'hui, la boxe -comme le titre du spectacle le suggère - et la musique du quatuor à corde Debussy qui tient largement sa place dans la composition, la musique n'est pas un fond sonore mais aussi participe visuellement à la chorégraphie. Décor mobile de fer forgé, les musiciens se déplacent silencieusement et souvent imperceptiblement sur des sièges mobiles qui s'écartent , se rejoignent quand les violonistes ne marchent pas . Bacchianas Bresileiras bien sûtr, "Brasil" oblige mais aussi Philip Glass et Schubert....
Au début les danseurs sont invisibles, seuls leurs gants émergent d'un ring, on dirait des notes de musiques.
Ensuite ils s'animent, boxent ou s'affrontent jusqu'à la "battle" finale, pur hip hop!  Virtuosité, acrobatie, burlesque, et toujours en musique! 

dimanche 12 novembre 2017

leçon de classes - de Jan Hřebejk - film tchèque langue slovaque (2016)


Il a le charme des anciens films tchèque, les mêmes couleurs, les mêmes décors que les anciens films tchèques des années 60 ou 70... d'ailleurs l'action se situe en 1983, à Bratislava. D'entrée, nous voyons les Lada  et Skoda d'époque s'arrêter devant un établissement scolaire. En descendent des adultes conviés pour une réunion de parents d'élève.

A l'occasion de la rentrée des classes, l'enseignante fait l'appel. Étrangement, elle  demande la profession des parents et note les différents services qu'ils pourraient leur rendre . Les enfants sont  habitués à ce genre de demande et fournissent les renseignements avec complaisance. Qui fournira des médicaments, de la viande, mettra à sa disposition son taxi ....La corruption est une pratique habituelle. Manipulatrice, elle harcèle une élève dont les parents sont rétifs à ces pratiques, un père dont la femme s'est enfuie à l'étranger, proie facile.

Le film se déroule donc selon deux fils conducteurs : en classe ou chez la professeure avec les enfants et au cours de la réunion où une pétition dénonce cette enseignante. Réunira-t-elle assez de signatures pour qu'une plainte soit déposée. On voit l'emprise de cette femme qui est aussi une dirigeante du Parti, sur les gens simples prêts à tout pour que leur enfant réussisse. 

Il y a du suspense, on se demande si la corruptrice sera punie et on découvre petit à petit l'ampleur de cette corruption. 

Contrairement aux anciens films qui maniait avec finesse  le sous-entendu,  le film actuel dénonce.  La charge est appuyée. Le film manichéiste. Est-ce que vraiment cela se passait comme cela au vu et au su de tous? la reconstitution des décors, elle est fidèle. On ne s'ennuie pas dans ce film réussi. 


jeudi 9 novembre 2017

Brooklyn yiddish


C'est un film a-typique, joué par des comédiens non-professionnels dans leur environnement.

 C'est l'histoire émouvante de Menashe, veuf depuis un an, à qui on a retiré la garde de son fils en attendant qu'il se remarie. C'est aussi l'histoire d'un homme simple, adulte, indépendant qui ne voit pas pourquoi les rabbins lui dicteraient sa conduite. C'est un homme maladroit shlemazel, qui fait brûler le kugel le jour de la commémoration de sa femme, qui renverse les cartons de poisson surgelé de son patron mais qui veut mener lui même sa vie.

Histoire exotique dans une communauté aux habits et aux coutumes exotiques et d'un autre siècle. Dépaysement? Moi qui adore voyager, je ne suis pas sûre d'apprécier ce dépaysement là. Je me souviens d'une lecture récente Celui qui va vers elle ne revient de Shulem Deen où l'oppression et l'intransigeance de sa communauté menait au drame. Lire aussi Hadassa de Myriam Baudouin





jeudi 7 septembre 2017

Jeannette de Bruno Dumont


Nous avions aimé "Ma Loute" de Dumont pour ses côtés déjantés et originaux.
En fait de "déjanté" dans Jeannette  Dumont s'est surpassé.
Et je suis perplexe. comme souvent dans ce cas, je lis les critiques : ils sont partagés. la Croix n'a pas aimé, Télérama, oui et non, Le Monde au temps du Festival de Cannes enthousiaste, après, moins. 

Tout d'abord : le texte.Evidemment je n'avais pas reconnu les pièces de Peguy qui est un auteur que je ne lis pas. Si, si, c'est bien Peguy, mais chanté, distordu, dissoné, si bien que Arte a mis des sous-titres pour une meilleure compréhension. 

J'aime la danse contemporaine : la chorégraphie de Découflé est décoiffante (c'est le cas de le dire)  et c'est sûrement ce qui est le plus réussi. La musique d'Igorrr est intéressante. Si on va voir une comédie musicale ou un spectacle de danse on est ravi. 

Le fond, l'histoire de Jeanne d'Arc m'intéresse beaucoup moins, mais ce ne concerne pas spécialement ce film. j'ai attendu avec curiosité ce que Dumont aurait fait du siège d'Orléans ou du procès . Il a éludé le problème. Ce n'est pas Jeanne au bûcher, c'est Jeannette. Et cela change tout!