jeudi 23 mai 2024

Chien blanc - 2024 - Anaïs Barbeau-Lavalette

 

1968, Los Angeles. 

Romain Gary marié à Jean Seberg, adopte un chien errant . 
Chien blanc, dressé dans le Sud pour attaquer les Noirs. 
Faut-il l'abattre ou le dresser?
Martin Luther King est assassiné. Des émeutes raciales font rage en ville. 
Jean Seberg est active avec les Black Panthers....

j'ai téléchargé le livre de Romain Gary.  A moi de le lire maintenant avant de terminer cette critique...



Très beau final sur les paroles du discours de Christiane Taubira interprété par Gaël Faye

Vous finirez seuls et vaincus, sourds aux palpitations du mondeÀ ses hoquets, ses hauts, ses bas, ses haussements d'épaules veulesAu recensement des ossements qui tapissent le fond des eaux
Vous finirez seuls et vaincus, aveugles aux débris tenacesDe ces vies qui têtues s'enlacent, de ces amours qui ne se lassеntMême lacérées de sе hisser à la cime des songeries
Vous finirez seuls et vaincus, grands éructants rudimentairesInsouciants face à nos errances sur la rude écale de la terreIndifférents aux pulsations qui lâchent laisse à l'espérance
Vous finirez seuls et vaincus car longue, longue est la mémoireDes pieds, des peaux, des au revoirs et de ces temps itinérantsOù devisant et divisant vous créez un monde en noir et blanc
Vous finirez seuls et vaincus, vos cris, vos cors et vos crédosΑutorité en toc et broc ne sauront vous sauver de rienL'éclat de nos vies entêtées éblouira vos en-dedans
Et vos enfants joyeux et vifs feront rondes et farandolesAvec nos enfants et leurs chants et s'aimant sans y prendre gardeVous puniront en vous offrant des petits-enfants chatoyants
Vous finirez seuls et vaincus, car invincible est notre ardeurEt si ardent notre présent, incandescent notre avenirGrâce à la tendresse qui survit à c'passé simple et composé

Vous finirez seuls et vaincus
Source : Musixmatch

mardi 21 mai 2024

La Famille Asada - Japon (2020) un film de Ryôta Nakano

 

Vu à la télévision (Ciné+)


C'est une histoire vraie!


Masashi, depuis toujours, s'est rêvé en photographe et ce film est une célébration de la photographie.


Une image pour réaliser les rêves de chacun des membres de sa famille, pompier, pilote de F1, ou yakusa...

Un art de la mise en scène qui fait de chaque image un tableau original.

Une image pour retrouver les disparus du séisme de 2011 dans les décombres. 




un film original qui sait aborder les aspects les plus légers comme les plus tragiques avec le pouvoir de l'image

Dépaysement total dans un Japon inattendu en suivant une famille atypique



jeudi 16 mai 2024

Reines - Maroc 2024 - de Yasmine Benkiran


 Evadez-vous à bord de ce vieux camion qui livre des paraboles jusqu'à TanTan, là où le Sahara rejoint l'océan!

Road movie marocain ou conte de fées (djinns, plutôt)

 Inès, la lionne, 8 ou 9 ans qui croit aux djinns et s'imagine même la Reine des djinns.

Zineb, la mère de la lionne, incarcérée pour trafic de drogue qui ne veut pas laisser enfermer sa fille dans un centre fermé.

Asma, la mécanicienne, prise en otage qui va conduire le camion sur des routes et des pistes improbables. 

A leurs trousses un duo perdant, Nabil à quelques mois de la retraite et une jeune policière ambitieuse. 

Le décor époustouflant du Sud marocain, désert, montagnes de Tafraout (et roches bleues), Sidi Ifni by night, et les plages merveilleuses. D'autant plus merveilleuses que nous connaissons ce décor où nous avons passé de très belles vacances en road trip touristique aux dernières  vacances de Noël 




vendredi 10 mai 2024

Amal - Un esprit libre -film belge de Jawad Rhalib avec Lubna Azabal


 Comment arrive un drame comme celui de Samuel Paty ou Dominique Bernard?

Amal (Lubna Azabal, excellente) est professeur de Français efficace et respectée, elle enseigne Victor Hugo, les Philosophes des Lumières. Elle met en place un débat sur la peine de mort suivi par ses élèves. Elle veut faire d'eux des citoyens éclairés et critiques. 

Elle assiste à un épisode de harcèlement d'une élève Monia, stigmatisée parce que lesbienne, ou simplement parce qu'elle refuse les codes, tatouée, artiste, tout simplement affirmant sa liberté dans un environnement islamiste conservateur. 

Harcèlement violent, elle a été battue jusqu'au sang, des messages menaçant sur les réseaux sociaux, et même des dessins circulent en classe. 

Amal veut réagir, faire réagir la classe en leur faisant lire des poèmes d'Abu Nawass, un poète musulman libertin du 8ème siècle. leur montrer qu'il existe une autre culture arabe, une autre tradition...

En Belgique, les élèves suivent des cours de religion qu'ils suivent selon leur confession. Leur professeur de religion, sous des abords modérés est un salafiste militant qui leur enseigne un Islam rigoriste en classe et qui les endoctrine dans le cadre d'une association culturelle. Il s'oppose à la lecture du poète qu'il qualifie de Satan et entraîne les parents d'élèves à une vive protestation. Une liste des lectures interdite est donnée au cours d'une réunion. 

La situation s'envenime. La Proviseure qui ne veut "pas de vagues" éloigne l'élève harcelée la condamnant à la solitude et ne soutient que très mollement Amal....

menaces de mort, violences se déchaînent....



Encore un film de harcèlement scolaire? Le contre-exemple de la Belgique fait réfléchir à la laïcité française, jamais un personnage comme le professeur de religion n'aurait pu sévir dans nos classes, mais en dehors? 

lundi 6 mai 2024

La Fleur de Buriti - Brésil 2023 -


 Des images de la forêt amazonienne d'une beauté éblouissante. Beauté de la nuit

Symphonie de verts, feuillages, lianes, perroquets qu'on vole. Beauté des visages et des corps, portraits si étranges et si proches. 

Violence inouïe des massacres, des incendies.

je n'ai pas tout compris, surtout je me suis mélangée dans les temps, temps des rêves aussi, certains éléments ne trompent pas comme les téléphones mobiles, les affiches de Bolsonaro, le sitting des peuples autochtones

Violence et beauté aussi de l'accouchement, la vie doit continuer!



mardi 30 avril 2024

Saint Omer - Alice Diop (2023)


 Vu à la télé : Ciné+ 

C'est un film de procès,  procès réel qui s'est déroulé en 2013 à Saint-Omer qu' Alice Diop a suivi. Procès d'un  infanticide.  Alice Diop est  documentariste mais elle a éprouvé le besoin de réaliser un film de fiction en inventant le personnage de Rama, une écrivaine qui assiste au procès pour écrire un roman. 

L'accusée, Laurence Coli, a abandonné sa fille de 15 mois à la marée montante sur la plage de Berck. Quand la juge lui demande pourquoi elle a tué son enfant, elle ne sait pas justifier son geste et affirme qu'elle attend du procès la réponse. 

Nuances de bruns, la figure énigmatique de la femme se découpe sur le bois verni, son vêtement se confond avec lui. C'est un film de paroles. L'accusée s'exprime dans un français châtié, impeccable. Elle se définit comme étudiante en philosophie.

En face d'elle, la juge est bienveillante, comme l'avocate, qui cherchent à comprendre le geste mais aussi à faire apparaître la personnalité énigmatique. 

Déni de grossesse. Pas seulement, déni d'existence pour la petite Elise dont la naissance ne sera jamais déclarée. Déni d'études aussi, Laurence fut une élève douée promise à de hautes études, pourtant elle n'a jamais obtenu sa licence. Est-elle même inscrite à la faculté? Elle rédige - dit-elle -  une thèse sur Wittgenstein. Sa directrice de thèse, appelée comme témoin à la barre, la descend en flèche. Comment une femme africaine pourrait-elle choisir un tel sujet, un philosophe si éloigné de "sa culture"? On voit poindre le mépris de classe, le mépris de race? D'autant plus que l'étudiante en philosophie invoque maraboutage et sorcellerie dont elle a voulu protéger sa fille. A voilà une image qui correspond plus aux idées que le commun des mortels a d'une femme africaine, surtout quand elle a tué son enfant. 

Dans la salle, deux femmes entrent en résonnance avec le drame. La mère de Laurence, mère absente qui ne comprend rien, mais  aimerait comprendre. L'écrivaine Rama, elle-même enceinte, qui entretient un rapport difficile avec sa propre mère. Les séquences en dehors du tribunal mettent en scène ces dernières. Au lieu de donner une récréation entre les interruptions de séances, ajoutent de l'angoisse. Rama est souvent au bord du malaise. 

Plaidoirie admirable de l'avocate qui invoque la folie, mais surtout la solitude. 

Cette femme est un fantôme.

Etudiante fantôme, qui n'assiste pas aux cours, ne passe pas les examens. Grossesse fantôme, grossesse ignorée, cachée, découverte avec la plus grande surprise par le géniteur qui laisse sa famille dans l'ignorance de sa liaison. Femme enfermée qui sort le moins possible, ne sort pas son enfant, n'a aucune vie sociale en dehors d'une relation épisodique avec un homme assez âgé pour être son père.. 

Mythe de Médée avec les images de Pasolini, en conclusion du drame.


Un très beau film, très émouvant dont on ne sort pas indemne.  

mercredi 24 avril 2024

Le Déserteur - 2023 (Israël) Dani Rosenberg


Haletant! 

Shlomi; 18 ans, terrorisé, laisse filer ses camarades au cours d'une action à Gaza, et prend la tangente... En cavale, il va courir, courir, enfourcher un vélo et pédaler, le plus vite possible, pour se mettre à l'abri dans la maison de ses parents, puis chez sa grand-mère. 

Shlomi est amoureux de Shiri qui va partir au Canada. Il veut la retrouver avant son départ. 

Shlomi est un gamin attachant, dans le genre, "sale gamin", inconscient des conséquences de ses actes, il fonce, se goinfre aussi bien de pastèque dans les champs que de plats fins dans le restaurant où Shiri est cuisinière. Il provoque des accidents en cascade. Inconscient!

L'armée n'envisage pas une désertion, plutôt un enlèvement et déclenche une opération  punitive. Prémonitoire, quand on sait que le film a été tourné avant le 7 Octobre! Shlomi est complètement dépassé, inconscient des conséquences. Gamin!