samedi 7 décembre 2019

Pour Sama - documentaire de Waad-al-Kateab




Aux Cinémas du Palais, sous l'égide d'Amnesty, le documentaire a été projeté vendredi soir devant une salle pleine. Projection militante d'un documentaire racontant le quotidien d'Alep de 2011 avec les manifestations étudiantes et pleines d'espoir jusqu'en décembre 2016 quand les derniers résistants quittèrent la ville. 
Waad est journaliste, elle a filmé jour après jour la vie sous les bombardements. Son mari Hamza, médecin a fondé un hôpital avec 32 médecins, des infirmiers et autres volontaires. Tout ce monde vit reclus avec famille et enfants formant une communauté solidaire. 
Sama est née sous les bombardements, le film lui est dédié pour qu'elle voit plus tard l'endroit où elle est née; mais pas seulement. Le film est un témoignage qui, comme l'espère la cinéaste, pourra servir de pièces à charges si jamais un procès est fait à ceux qui ont assassiné, torturé, bombardé civils et hôpitaux. 
C'est un spectacle choquant, la guerre n'est pas jolie à regarder; Chaque fois que l'hôpital est bombardé le spectateur ressent la déflagration. C'est un spectacle utile. on a trop tendance à oublier cette actualité qui se déroule si loin de nos yeux. Nous avons oublié qu'Idlib est encore sous les bombes. nous n'avons pas conscience que quand Turquie, Iran et Russie se réunissent en conférence pour conforter la "paix" ce sont les migs russes qui ont bombardé l'hôpital où se trouvaient seulement le personnel médical et leur famille avec les blessés et non pas de "dangereux terroristes".

En accompagnement de la projection, une cinéaste syrienne nous a raconté l'histoire récente de la Syrie remontant jusqu'aux années 1970 quand Hafez el Assad a pris le pouvoir.






mercredi 27 novembre 2019

Gloria mundi - un film de Guediguian avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Daroussin, ...

Fan, fidèle des films de Guédiguian, je vais les voir dès la sortie, et les revois avec plaisir à chaque diffusion à la télévision. Le regard bienveillant sur les braves gens me réconforte même si l'histoire est triste, si le monde est de plus en plus dur. Les prolétaires militants vieillissent, Sylvie (Ariane Ascaride) joue même une briseuse de grève, son salaire de technicienne de surface est tellement nécessaire. 
Pour lutter contre l'individualisme et la débrouille, il n'y a plus d'action collective, la famille se serre les coudes. 
Avec la belle voiture de chauffeur Uber, j'ai pensé au dernier Ken Loach. mais un enfant nait, il ne peut y avoir que de l'espoir!


samedi 23 novembre 2019

Nul homme est une île - Documentaire de Dominique Marchais


Un documentaire qui prend son temps (1h40) sans être bavard.
 Quel plaisir que de contempler une image sans commentaire directif ou intempestif, sans accompagnement musical! Prendre son temps pour imaginer, réfléchir. 
Le film s'ouvre sur la fresque du Bon Gouvernement (et du Mauvais) du palazzo communale de Sienne et la caméra flâne dans la campagne toscane. Il se termine comme il a commencé.

Chercher le bien commun? dans la beauté du paysage, en Sicile ou dans les Alpes suisses et autrichiennes. 
A une zone artisanale, et commerciale, avec autoroute et IKEA qui défigure les abords de l'Etna, une coopérative agricole Le Galline Felici rassemble des agriculteurs bio, agrumes, herbes aromatiques...qui réussissent à résisiter à la pression immobilière et aux prix iniques des agrumes en s'appuyant sur un réseau de producteurs bio et aussi de consommateurs répartis dans toute l'Europe. 
Préserver la beauté de la nature, devant les dégâts des pelleteuses. 
En Suisse et en Autriche, des architectes, un maire, des menuisiers tentent de préserver l'originalité des villages alpins en préservant la production locale de meubles ou de construction qui valorisent le paysage plutôt que de l’abâtardir. 
Si le commentaire est absent, le film n'est pas muet pour autant. Les acteurs plaident avec conviction et intelligence pour l'action locale, l'artisanat, le respect des espaces naturels et surtout pour une action sans hierarchie, une organisation horizontale à l'échelle humaine. 



jeudi 7 novembre 2019

Adults in the Room - Costa Gavras

Ce n'est pas  un film plaisant, en dehors de quelques images d'archives, vous ne vous promènerez pas dans Athènes mais dans les salles de conférences glaçantes, dans des bureaux officiels. 
Le film commence avec la victoire de Syriza en 2015, les espoirs énormes que les Grecs ont mis dans un gouvernement de gauche qui mettrai fin à l'austérité, à l'action de la Troïka, à la renégociation de la Dette grecque. Tzipras et Varoufakis vont se heurter à l'intransigeance de l'Allemagne et de nombreux européens. La France de Hollande donnera quelques bonnes paroles. Les institutions européennes sont décrites comme une bureaucratie implacable, inhumaine qui refuser tout compromis, toute négociation, contraindre Varoufakis à la démission et faire de Tzipras un dirigeant aux ordres. 
J'ai une grande admiration pour Costa Gavras mais Adults in the Room n'est pas un nouveau Z, loin s'en faut. Le film est centré sur le personnage de Varoufakis, les autres s'effacent devant lui, et c'est bien dommage! Il aurait fallu un peu plus d'indices pour reconnaître tous les protagonistes.Le film n'a pas reçu de bonnes critiques en Grèce d'ailleurs. 
Et puis, cela traîne en longueur, beaucoup de scènes sont répétitives. mais je n'ai pas regretté. j'éi toujours plaisir à écouter parler grec et la leçon d'histoire est nécessaire. En revanche, elle me désespère de l'Europe et de ses institution. En ce moment de Brexit où on aimerait être europhile, ce film est vraiment pessimiste!



dimanche 27 octobre 2019

Sorry we missed you - Ken Loach

Le dernier Ken Loach tient ses promesses après l'inoubliable Daniel Blake, le cinéaste démonte les méfaits de l'ubérisation. Ricky ouvrier dans le bâtiment se laisse embobiner par les promesses du statut d'auto-entrepreneur. Il sera son "propre patron" à bord de "son propre camion" en payant lui-même son assurance, en "embauchant" éventuellement un remplaçant. Plus personne sur son dos, la liberté? Il est devenu esclave d'un mouchard électronique qui ne lui permet même pas de prendre à son bord sa fille pendant sa tournée de chauffeur-livreur. Il est tellement "son propre patron" qu'il est soumis à des sanctions lourdes à chaque occasion, maladie, retard, même l'agression dont il est victime va générer des sanctions. 
Il a perdu toute protection sociale que le statut de salarié lui garantissait. 
Abby, auxiliaire de vie, n'est pas mieux lotie avec un "contrat zero heure" qui interdit les heures supplémentaires, seules sont payées les heures faites, peu importe quand et combien dans la journée. "Où est passée la journée de huit heures?" demande la vieille dame dont elle s'occupe qui fut des grandes grèves et des luttes syndicales. 
A voir, et à faire voir à tous ceux qui sont encore séduits par les sirènes d'Uber et autres esclavagistes d'un nouveau genre!
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    Sorry We Missed You   
    Sorry We Missed You Bande-annonce VO 

dimanche 20 octobre 2019

Atlantique film de Mati Diop


Atlantique st un film qui nous fait voyager jusqu'à Dakar dans une Afrique urbaine. Des promoteurs immobiliers véreux, le rêve du départ vers l'Europe, les mariages arrangés; les rêves des femmes, tels sont les thèmes de ce film très riche. 


Très complexe, certains aspects m'ont échappé, surtout les histoire de fantômes (j'y suis un peu allergique même si je sais que revenants, démons et autres esprits sont plus familiers à la culture africaine qu'à mon esprit cartésien).

Des actrices (surtout le rôle principal) tout à fait étonnantes. 
yager      

Papicha

un film au féminin, robes et maquillages, hammam et couture, amours adolescentes mais surtout en révolte : ne pas se soumettre, ni au diktat des islamistes, ni aux petits copains qui auraient vite fait de les enfermer. 
Des jeunes filles qui ont une pêche d'enfer, qui veulent vivre malgré la situation terrible des année 1990 . Un film si proche et pourtant exotique.