jeudi 25 juin 2026

les Musiciens (2025) Grégory Magne avec Valerie Donzelli, Fred Pierrot , Mathieu Spinosi, Marie Vialle, Daniel Garlitsky, Emma Ravier


 Vu au cinéma à sa sortie, revu avec grand plaisir sur Canal+ une très jolie comédie sur des musiciens (comédie musicale cela correspond à autre chose!)

Au départ : le rêve d'un très riche industriel : réunir 4 stradivarii, former un quatuor de virtuoses, produire un concert unique dans une église à l'acoustique exceptionnelle pour une oeuvre jamais jouée d'un musicien inconnu. 

La fille du mécène décédé veut réaliser le rêve de son père malgré l'opposition de son frère qui considère que l'opération est ruineuse.

Les quatre musiciens : Mathieu Spinosi, Marie Vialle, Daniel Garlitsky et Emma Ravier sont réunis pour une semaine de répétitions. Ego surdimensionné des vedettes, conflits amoureux, et mépris pour l'altiste venant du monde des réseaux sociaux et des influenceuses. Ils n'arrivent à rien qu'à se déchirer en querelles stériles. 

L'organisatrice fait appel au compositeur Fred Pierrot (excellent) qui les dirigera en évoquant le vol des étourneaux dans leurs murmurations. Et finalement le miracle aura lieu, enfin, ils s'écoutent et même improvisent pour notre grand plaisir. Et j'en redemande, même après cette deuxième séance!

mercredi 24 juin 2026

The Christophers - (2026) Steven Soderbergh avec Michaela Coel et Ian McKellen


 Lori Butler (Michaela Coel), une plasticienne désargentée mais une faussaire habile, est contactée par les héritiers de Julian Sklar qui fut en son temps une gloire de la pop, pour terminer une série de tableaux oubliés qu'ils veulent vendre après le décès imminent de leur père. Ils l'engagent pour être l'assistante de Julian Sklar qui ne peint plus depuis des années. 

Tous ces personnages sont bien antipathiques : les enfants rapaces et bêtes. Lori calculatrice froide. Pire encore, le personnage roublard et égrillard qui se trimballe en tenue très négligée, vitupère, provoque la jeune femme. 

Le  plan est simple : subtiliser les 8 tableaux remisés au grenier, les terminer et les vendre à l'étranger. Terminer un tableau de maître est-ce réaliser un faux? Tant de plasticiens délèguent à leurs assistant qur cela ne choque personne. Lori hésite, elle a un contentieux avec Julian Sklar, qu'elle admire, il l'a humiliée dans une émisssion de télévision alors qu'elle n'était qu'une étudiante de 19 ans.

Julian Sklar veut priver ses enfants qu'il méprise de l'héritage qu'ils convoitent. Les Christophers doivent être détruits et c'est précisément pour cela qu'il a embauché Lori. 

Rien ne se passe comme prévu.

On ne s'ennuie pas, c'est presque un thriller artistique. Acide. Drôle.En prime, une balade dans Londres entre lofts d'artistes et quartiers cossus. 

j'ai beaucoup aimé mais je ne vous raconterai rien de plus pour que vous ayiez le plaisir de la découverte. 

mardi 23 juin 2026

L'Être Aimé - ( Cannes 2026) Rodrigo Sorogoyen avec Javier Bardem et Victoria Luengo

 

Deux films espagnols en compétition à Cannes, L'Être aimé de Sorogoyen et Autofiction de Almodovar. Tous les deux ont pour sujet le cinéma, tous les deux se déroulent en partie à Madrid et aux Canaries : Autofiction à Lanzarote, L'Être aimé à Fuerteventura.

 Comme je suis fan absolue d'Almodovar j'ai commencé par Autofiction que je n'ai pas chroniqué, une impression de déjà-vu, Almodovar fait de "l'Almodovar", brillant, coloré, mais rien de bien nouveaeu. 

En revanche j'ai été bluffée par L'Être Aimé . La puissance de Javier Bardem, sa présence, explosent. Victoria Luengo doit s'imposer en face pour exister. Et c'est justement l'un des sujets du film : Bardem joue le père, un réalisateur reconnu mondialement tandis que Emilia(Victoria Luengo) sa fille, une actrice mineure gagne sa vie comme serveuse dns un bar. Esteban-Bardem a abandonné sa famille, a négligé sa fille 13 ans durant. Il est revenu à Madrid lui offrir la chance d'un grand rôle et reconquérir son affection. Ce n'est pas gagné. Une très longue séquence dans un restaurant filmée très près, montre l'opposition entre le père et la fille. Emilia accepte le rôle, elle sera actrice dans son film, mais refuse de rentrer dans le rang de la famille et de jouer celui de la fille. 

En plus du thème père-fille. L'Être Aimé nous offre le making of d'un film, le tournage avec toutes les prises que le metteur en scène exige, jouant avec les nerfs des acteurs et des techniciens. Le tournage de la scène du repas explose, d'abord en fou-rire (les nôtres aussi, spectateurs dans la salle, puis en rebellion des acteurs. Esteban-tyran-maître de son film est d'une violence insoutenable. A l'époque de metoo, le mâle alpha a plus de mal à s'imposer!

J'ai beaucoup aimé le presque documentaire sur le tournage. 

dimanche 17 mai 2026

Histoires parallèles (2026) un film d'Asghar Farhadi avec une distribution fabuleuse

 


j'aime beaucoup cette affiche qui montre le casting fabuleux et qui ressemble à une pellicule de film

Asghar Farhadi nous a dévoilé les intérieurs persans : j'avais beaucoup aimé Une séparation, A propos d'Elly, moins convaincue de son dernier film espagnol malgré la participation de Javier Bardem et Penelope Cruz. J'avais craint que, loin d'Iran, son cinéma perde de l'authenticité. Histoires Parallèles est un très bon cru. 

Jeux de miroirs, entre ces histoires qui se déroulent de chaque côté d'une rue parisienne. l'histoire bégaie entre le récit de l'écrivaine (Isabelle Huppert) qui épie à la longue-vue les occupants de l'appartement d'en face. Histoire qui se répète dans le temps avec quelques variantes : jeu des sept erreurs de mon enfance. Où se trouve la vérité? et la part de l'imagination. 
Jeux de création, écriture et cinéma. L'écrivaine, en bout de course, abandonne son manuscrit (dactylographié pas un fichier informatique, zéro IA garanti. Adam, homme à tout faire embauché pour déménager l'appartement, le récupère, le recopie à la main et se trouve, à son insu, dans un projet d'écriture. 
Cinéma : ce film nous fait découvrir un aspect très discret du cinéma : le bruitage et c'est passionnant. 
Je pourrais encore évoquer ce film qui résonne plusieurs jours après la séance mais c'est à vous de le découvrir. 





jeudi 14 mai 2026

Collapse Face à Gaza - Israël 2026 un film d'Anat Even




Comment au-je pu m'infliger cette punition, cette souffrance? 
Plus d'une heure à entendre les explosions. Voir des engins de destructions, tanks et  megapelleteuses montées sur chenilles, blindées, grillagées arraser maisons, champs applanir le paysage, labourer les dunes. Toute la séance j'ai eu l'impression que le nuage de poussière était sur moi et que j'en étais étouffée. 
Je savais ce que j'allais visionner quand  j'ai traversé tout Paris, courru pour ne pas louper la séance. Il fallait que je le voie que je boive jusqu'à la lie cette amertume. 





N'allez pas croire que ce documentaire soit superflu après toutes les images de la télévision. C'est un témoignage essentiel (pour moi tout au moins) . A vrai dire, on ne voit rien qu'on ne connaisse déjà, la destruction brutale et systématique, les villages qui disparaissent. Mais c'est l'angle de visée qui est intéressant. La documentariste filme de sa voiture, sur une route qui longe la frontière. Et c'est morne, interminable. A vrai dire, on ne voit rien. On ne doit rien voir, des parkings, des engins. Si elle amorce un virage vers Gaza, elle est rapidement empêchée, terrain militaire, interdit d'entrer! Aimable mais ferme, le militaire lui interdit d'aller plus loin. 
Si on veut un point de vue dégagé, il y a des observatoires aménagés, fort bien aménagés, ma foi, où des badauds viennent en touristes, prennent des selfies (dans le meilleur des cas) ou déverse une haine inimaginable. Slogans et cris. Il me vient à l'esprit le Viva la muerte, des franquistes. 
Amour de la terre sainte? d'abord on détruit tout, on laboure, on arrase et sur cette table rase on construira quoi? Paysage défiguré, humanité déshumanisée. 
Images désolantes de ce kibboutz Nir Oz aux maisons saccagées, brûlées, aux intimités violées. Il reste les jardins, Ces jardins que j'aurais pu entretenir, dans mon passé de kiboutznikit jardinière. La nature est luxuriante. Paons et chats règnent quand les humains ont disparu (presque). 

Que reste-t-il du camp de la Paix, la réalisatrice leur donne une parole dans des manifestations dérisoires. Elle lit les écrits d'un médecin palestinien. Les lettres d'un ami expatrié. 



C'est d'une tristesse infinie, mais je m'en serai voulu de l'avoir laissé passé dans l'indifférence. 
 

 

lundi 11 mai 2026

Soumsoum, la nuit des astres - (2026) un film de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad) scénario Laurent Gaudé




 Envoûtant, magnifique, étrange, exotique. 

Un voyage au Tibesti dans un village traditionnel aux maisons de terre, malmené par des pluies torrentielles. Sur le plateau de l'Ennedi où les pierres et les pitons rocheux semblent avoir des visages humains qui nous regardent. Où les peintures rupestres nous renvoient à la Préhistoire, aux femmes-sentinelles d'avant la tradition islamique. 

Kellou est habitée de visions, elle n'a pas connu sa mère . Elle est liée à Aya, rejettée par le village parce que femme seule, un peu sorcière aussi. 

Images de jour, couleurs pétantes des robes des femmes. Images de nuit, magiques

Laissez vous emporter, le voyage en vaut la peine. 

samedi 2 mai 2026

A voix basse - Leyla Bouzid - Tunisie (2026) avec Hiam Abbass


 Lilia, tunisienne, la trentaine, ingénieure, vit à Paris avec Alice. Elle rentre dans sa famille à Sousse à l'occasion de l'enterrement de son oncle Daly. Alice est à l'hôtel. Funérailles traditionnelles, les hommes en bas, les femmes à l'étage autour de la grand-mère, la matriarche. Hiam Abbass joue la mère, Wahida, de Lilia, elle est médecin, divorcée. Famille bourgeoise, éduquée qui mélange pittoresquement le français à l'arabe et qui ne manque pas un épisode de Question pour Un Champion (même en période de deuil). 

Famille unie, mais cachant un secret. Irruption de la police qui enquête sur la mort de Daly retrouvé nu sur la voie publique. On essaie d'étouffer le scandale. Daly était homosexuel. Etait-ce un crime homophobe? En Tunisie l'homosexualité est punie par la loi. La mère de Lilia semble comprendre Daly. Admettra-t-elle l'homosexualité de Lilia? Encore un non-dit, Lilia n'est pas prête à un coming out. C'est Alice qui va gaffer en présentant ses condoléances à la famille. Comment Lilia va-t-elle la présenter? Ce sera la "coloc" , no pas la compagne. Décalage total entre la sensibilité occidentale de la jeune femme blonde extravertie et la tradition familiale. 

Lilia mène l'enquête sur la mort de son oncle dans un bar gay, elle retrouve les relations de Daly et finit par arriver au poste de police. Pour Daly, un notable, l'affaire sera classée mais pas pour un jeune de la campagne, témoin du meurtre. Quant à Lilia qui se déclare homosexuelle et réclame d'être arrêtée comme le jeune berger, ce n'est pas un sujet. l'homosexualité féminine n'existe tout simplement pas. 

j'ai beaucoup aimé ce film avec des actrices excellentes (pas de surprise pour Hiam Abbass, je suis fan depuis longtemps) . 

encore un film qu'il faut guetter parce qu'il ne passera peut-être pas longtemps dans les salles!