vendredi 11 mai 2018

La Révolution silencieuse fil de Lars Kraume



Un véritable coup de coeur! 

C'est un film qui a une véritable histoire, tirée d'un fait réel. En cela presque un témoignage sinon un réquisitoire contre les pratiques de la RDA. 1956, pendant l'insurrection, les lycéens de Terminale s’enthousiasment pour les Hongrois. Ils organisent deux minutes de silence. Ce que le professeur d'histoire prend pour un chahut qui remet en cause son autorité se transforme en activisme anti-socialiste....les conséquences sont incalculables. 
Le metteur en scène a su recréer les décors, costumes d'époque mais il a surtout fait surgir de véritables personnalités. Ce ne sont pas des adolescents lambda d'un énième film de lycéens. Ce sont de véritables personnages, porteurs de leur histoire, de leurs espoirs dans le bac qui leur ouvrira des études,  mais aussi de l'histoire de leurs parents. Parc e qu'en RDA chacun est comptable des actions de ses parents, à la limite de celles de ses grands parents. 
 Tant de secrets dans cet après-guerre qui surgissent là où on ne les attend pas. 
Ils sont glaçants ces adultes qui font des compromis pour survivre. Humains, cependant parce que tous vivent dans la peur du faux-pas, y compris ceux qui sont haut placés. 
J'ai pensé à un autre film, slovaque, Leçon de Classes vu il y a quelques temps



jeudi 10 mai 2018

Everybody knows - Ashagar Farhadi

Il y avait foule cette après midi pour voir avec un léger décalage le film d'ouverture du Festival de Cannes!
Couple glamour : Penélope Cruz et Javier Bardem, excellents, bien sûr.

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, la noce était espagnole, trop espagnole, presque folklorique dans un village trop parfait trop touristique, un vigneron passionné qui donne des cours d’œnologie...Un regard de touriste?
Vient ensuite l'histoire de famille, sombre, très sombre, tant de secrets que tout le monde connaît. Fallait-il un détective pour imaginer que ceux qui ont machiné l'enlèvement de la jeune fille sont des proches?  Le suspense est bien conduit, je me suis laissé prendre 
Un  moment agréable, un bon film mais pas dans la catégorie des chefs d'oeuvres. J'ai préféré les films persans (mais peut-être était-ce moi la touriste?

samedi 14 avril 2018

Razzia de Nabil Ayouch


Splendeur et misère du Maroc!
Splendeur du désert, de ses villages berbères, mais misère de ces enfants qu'on dépossède de leur langue, de la possibilité de réfléchir lors de l'arabisation forcée.
Richesse et pauvreté à Casablanca, jeunesse dorée et manifestations de rue.
Femmes belles, indomptables en recherche de liberté et machisme
Espoirs du jeune menuisier qui veut être chanteur....
5 destins étrangers, qui se croisent, exclus de la norme.
Comme une menace les bruits de la rue! 



mercredi 11 avril 2018

Les destinées d'Asher - Matan Yair

D'ordinaire les films d'adolescents m'ennuient, surtout quand ils se déroulent au lycée. J'ai vu assez d'adolescents en classe. Mais celui-ci parle hébreu!
J'ai donc eu une bonne surprise.

Film complexe qui raconte les difficultés pour un jeune de 17 ans, à se construire _ Tiens! justement construire, c'est ce qu'Asher fait tous les jours avec son père qui a une entreprise d'échafaudages! Difficultés à accepter la discipline de l'école, les blagues de ses copains, tout hérissé d"'épines" comme le remarque Rami, le professeur de littérature.

Difficultés à choisir sa voie, pourtant toute tracée : Milo, son père l'a formé au métier, lui a tout appris et le sent prêt à lui succéder.  Et pourtant malgré un handicap certain (il doit passer ses examens à l'oral) Asher veut réussir son bac, il est si impatient, quand Rami fait cours sur Antigone qu'il en sort de ses gonds.
Film sensible, sur les rapports père-fils, élèves-professeur.
A voir!



dimanche 11 mars 2018

L'Ordre des choses - Film italien d'Andrea Segre


Ce n'est pas un film plaisant. Il traite d'une réalité effrayante : l'externalisation de la crise migratoire de l'autre côté de la Méditerranée en Libye. Rinaldi, policier de haut vol, vient visiter un centre qui doit accueillir les migrants en transit. Le chef du camp est de toute évidence un personnage trouble, un trafiquant d'hommes. les conditions de détentions sont inhumaines. 


Une jeune somalienne demande à Rinaldi d'apporter à Rome une carte SD contenant des données personnelles, des photos, un compte Facebook...  Il sort de sa réserve. Il pourrait aider la jeune femme, bousculant sa mission, bousculant l'Ordre des choses. 


Tesnota - une vie à l'étroit - film kabarde de Kantemir Balagov


Célébré par toute la critique : film à ne pas manquer! 

J'ai donc foncé dans mon cinéma préféré sans prendre la peine de lire les 4 pages d'explication, comme les 4èmes de couverture des livres j'évite tout ce qui peut spoiler. J'aime les surprises. 
J'aime aussi les films de l'Est, entre Centaur khirghiz, Bravo virtuose arménien et Tesnota,je voyage beaucoup en ce moment dans la région! 

Attention! c'est un film plombant, le contraire d'une gentille distraction comme les deux précédents. Le titre Une vie à l'étroit aurait dû m'alerter. Vu juste après L'Ordre des Choses, j'ai encaissé encore des violences difficilement regardables. 

Un film kabarde!
Savez vous où se trouve la Kabardino-balkarie? J'ignorait qu'il existât une telle république! 

C'est la tache rose, coincée entre la Géorgie, et l'Ossetie du Nord, non loin de la Tchétchénie. La capitale est Naltchik. Déjà la géographie justifie ce sous-titre de Vie à l’Étroit, d'autant plus que, dans ce territoire enclavé dans le Caucase, coexistent différentes communautés, les plus représentés étant les Kabardes et les Balkars, mais il y a aussi de Tchetchenes, des Tcherkesses, et une petite communauté juive. 
L'action se déroule en 1998, entre les deux guerres de Tchétchénie. En 2005, l'attaque de Naltchik a été causé par un "front du Caucase" et des terroristes islamistes. 
Dans le film les jeunes kabardes, balkares et tcherkesses visionnent des scènes d'égorgement dignes de la propagande de Daech (la qualité de la technique en moins). Ces scènes sont difficilement supportables, surtout quand on sait que le personnage principal du film est une jeune juive qui voit converger les réactions antisémites de ses camarades.

 Son frère a été enlevé le jour de ses fiançailles.Il semble que le motif soit crapuleux, 

Enlèvement d'un couple juif. Antisémitisme? 

Sûrement, il est "notoire" (et pas seulement à Naltchik aussi dans nos banlieues) que les juifs ont de l'argent et peuvent payer. Justement les parents du jeune sont très modestes, le père possède un petit garage où il répare les voiture avec l'aide de sa fille. Même en vendant l'atelier il ne peut réunir la somme nécessaire à la libération de leur fils. Le rabbin fait appel à la solidarité, ce qui n'est guère efficace. La solution viendrait d'un mariage d'Ilana avec le fils de notables de la communauté. On n'a pas demandé son avis à Ilana qui devrait se sacrifier et accepter cette union qui ne lui convient pas pour sauver son frère. Dans cette communauté traditionnelle, le sacrifice de la soeur est une évidence. 

Mais pas pour Ilana qui travaille au garage comme un homme, qui est amoureuse d'un kabarde. Elle étouffe dans cette vie à l'étroit. 

Evidemment je ne vais pas continuer à spoiler et à raconter ce qui va se passer. 

D'autres thèmes sont abordés. Les relations familiales dans toute leur complexité...