jeudi 29 janvier 2026

Promis le ciel d'Erige Sehiri (2026) avec Aïssa Maïga, Laetitia Ky et Nanney

 

l'anniversaire de Nanney : une heure d'insouciance à trottinette

Erige Sehiri réalisatrice franco-tunisienne de Sous les figuiers met en scène la migration des femmes  subsahariennes en Tunisie. 

Marie (Aïssa Maiga) est établie à Tunis depuis plusierus années, ancienne journaliste, pasteure, elle règne sur sa petite communauté évangélique, offre assistance et réconfort, à grand renfort de prêches, d'alléluias et d'amen. Jolie (Laetitia Ky) étudie dans une école d'ingénieurs, elle semble garantie par sa Carte d'Etudiante et l'aide de ses parents fortunés. Nanney, en revanche est clandestine, elle a laissé sa fille adolescente au pays et désespère traverser la Méditerranée. Elle vivote de trafics et culpabilise, est-elle une bonne mère. 

Dans cette petite communauté, arrive Kenza, une petite naufragée. Tous les occupants du bateau se sont noyés. Comment a-t-elle survécu? Elle ne sait ni son nom de famille, ni son pays d'origine. peut-être a-t-elle déjà appris à ne rien révéler? Cadeau du ciel, cette petite fille craquante? ou responsabilité écrasante. Marie la protège, mais ne doit-elle pas la confier aux autorités? 

la Tunisie est-elle une étape vers l'Europe - le Paradis? ou au contraire un cul de sac pour ces migrants. De pays accueillant, elle devient un enfer pour les migrants qu'elle pourchasse. Marie avec son statut social privilégié et Jolie avec sa carte d'étudiante se croient protégées. On leur fait sentir que ce n'est pas le cas. les rafles sont violentes. 



mercredi 28 janvier 2026

la vie après Siham : Namir AbdelMesseeh


Namir Abdel Messeh est un réalisateur franco-égyptien que j'avais découvert avec la Vierge, les coptes et moi (2012) . j'avais beaucoup aimé ce documentaire qui se déroulait en Haute Egypte dans le village de sa mère. Touchant, burlesque drôle. La Vie après Siham est une évocation touchante, délicate de son histoire familiale après le décès de Siham, sa mère, Filmer son père, regarder des photos, des films où sa mère apparaissait pour transmettre à ses enfants l'histoire familiale. Le cinéma comme mémoire. Filmé avec beaucoup de tendresse, d'humour aussi, entre l'Egypte où la famille a ses racines et la Région parisienne où ils vivent. 





 

vendredi 23 janvier 2026

Le Mage du Kremlin (2026) Assayas

J'ai lu le roman de Giuliano da Empoli en février 2022, au moment de l'invasion russe de l'Ukraine, je n'avais pas tout à fait compris qu'il s'agissait d'une fiction et j'avais été très intéressée par ce livre qui tombait à point dans l'actualité. Je n'avais pas tellement envie de voir l'adaptation au cinéma mais Dasola m'a convaincue. 
Une histoire "russe" en anglais, tournée à Riga par un réalisateur et un scénariste français cela ne fleure pas vraiment l'authenticité. Je vais au cinéma pour voyager, j'aime la VO, écouter une langue exotique et les sons qui vont avec. Tout ce "fabriqué" m'a interrogé : maquettes ou IA? les vues aériennes de Moscou, d'où sortent-elles? Et ce Moscou de cartes postales coloré, ensoleillé? 
Et puis tous ces Russes sont bien "cliché", caviar et champagne, hôtels luxueux, pin-ups blondes aux jambes sans fin... Justement c'est le sujet du film, la mise en scène, les Fake-news et la désinformation....
Le faux Poutine est bien taiseux, tant mieux! Il se contente de son sourire sardonique, de nage et de musculation. La doublure (Jude Law) n'a pas eu trop de travail. je n'imaginais pas le Mage du Kremlin avec la figure poupine de Paul Dano...




 

dimanche 18 janvier 2026

Pompei sotto le nuvole - Gianfranco Rosi (2025)

Magnifique documentaire tourné en Noir et Blanc, avec toutes le nuances de gris, gris des nuages du Vésuve, gris es cendres, de la poussière...Gis des staues en marbre sous la patine du temps, 

Documentaire mais pas de voix off pompeuse. Des Napolitains, les policiers et le procureur qui enquêtent sur les pilleurs de tombes et empruntent leurs  tunnels, tunnels romains ou creusés par les voleurs. 

Archéologues japonais fouillant une grande villa romaine. Réserves où sont empilées statues, têtes ou membres de statues infirmes, délaissées, ou indéchiffrable. La conservatrice qui veille sur le dépôt entretient des relations affectueuses avec ces reliques, ex-votos...

Central téléphonique des pompiers contactés pour toutes sortes d'urgences. la terre a tremblé faut-il s'en inquiéter. Violences conjugales, sans compter ceux qui demandent tout simplement qu'elle heure il est/

Un instituteur, peut être un bibliothécaire ouvre sa boutique aux enfants du quartier pour de l'aide aux devoirs, L'un d'eux rondouillards ne pense qu'aux recettes de cuisine, le maître lit les Misérables et le fait connaître aux enfants.

Au port, des marins syriens déchargent des quantités phénoménales de blé ukrainien, il repartiront dans quelques jours pour Odessa. Bombardements, en Ukraine, en Syrie...Naples est une ville très sûres, disent-ils. Ce n'est pas vraiment sa réputation. 

Poétique, magnifique. Ce film méritait une distribution en salles plus ample que cette sortie confidentielle. Deux séances aux Cinémas du Palais, il fallait être disponible...Surout s'il passe près de chez vous ne le ratez pas




vendredi 16 janvier 2026

ELEONORA DUSE (2025) Valeria Bruni Tedeschi un film de Pietro Marcello


Eleonora Duse fut la star du théâtre italien, contemporaine de Sarah Bernhardt . Le film de Pietro Marcello s'attache à raconter les dernières années de la Diva. Après avoir abandonné le thétre pendant 12 ans, ruinée, elle fait son retour à la sortie de la Grande Guerre. 
Valeria Bruni Tedeschi campe une Duse excessive, malade mais passionnée de théâtre, vieillie mais magnifique. Pour notre grand  plaisir, Sarah Bernhard (Noemie Lvovsky) assiste à son retour. On assiste à la rencontre des deux actrices qui se connaissent bien. 
Noémie Merlant joue Richetta, la fille d'Eleonora Duse, l'opposition mère et fille fait des étincelles. 
J'ai eu un peu de mal avec les comparses masculins de la Duse : Gabriele d'Annuzio, et tous les autres qui gravitent autour de Mussolini. Ce dernier offre de liquider ses dettes et même de construire le théâtre de ses rêves. 
Après avoir accepté ces faveurs, elle y renonce et terminera sa carrière aux Etats Unis. 

Je suis tous les films de Valeria Tedeschi, actrice ou réalisatrice. J'ai eu un peu de mal à la voir jouer vieillie. mais toujours extravertie, excessive...comme d'habitude!




lundi 12 janvier 2026

Les Echos du passé (Sound of Falling) de Mascha Schilinski Prix du Jury Cannes (2025)



J'ai aimé l'affiche, je l'ai trouvée mystérieuse. Elle donne le ton au film. 
Encore un film très long (2h36) lent et sans histoire définie. Un film qui va nous emporter (ou pas) dans le mystère tragique qui plane dans cette très belle ferme  du nord-Est de l'Allemagne. 
Unité de lieu, mais quatre époques qui ne se succèdent pas chronologiquement mais qui se brouillent. Au début, il faut être attentif aux accessoires et aux vêtements pour se repérer dans le temps.  On a l'impression de feuilleter l'album de photos familial dont les feuilles seraient toutes mélangées. Très belles photographies, plans-séquences qui s'attardent. Phoyographies regroupées en un mausolée devant lequel la famille défile à la Toussaint pour célébrer les morts. 
Quatre époques, quatre héroïnes.
 Alma petite fille très blondes aux tresses en coquille sur les oreilles, sans doute autour de la Grande Guerre, Erika la brune un peu étrange, unijambiste simulée, par empathie avec son oncle mutilé, Angelika du temps de la RDA, Lenka qui veut rénover la ferme au XXIème siècle. Dans un flou imperceptible on passe d'une époque à une autre. 
Fresque tragique, destins de femmes qui frôlent la mort,"accident de travail" suicides ou fuite, noyades. Sans en avoir la confirmation, on devine la menace d'inceste, plus explicitée la stérilisation de la domestique (qui ne sera jamais enceinte et qui se trouve disponible pour les mâles). Morts naturelle aussi de l'aïeule, mystérieuse d'un petit garçon dans la grange, Alma, petite fille morte, que la petite Alma vivante découvre sur une photo....

 Ce film pourrait être plombant, cette accumulation de malheurs,  Mascha Schilinski est habile et sait nous envoûter avec des images d'une grande beauté et un montage virtuose. 






lundi 5 janvier 2026

Magellan : (Lav Diaz, Cannes 2025)

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Des images sublimes, des indigènes nus accueillent les hommes blancs... 
Mais aussi des images cruelles de cadavres de violence, avec des plans interminables. 
Le point du vue du réalisateur philippin Lav Diaz est de montrer la cruauté, l'avidité de la colonisation et la christianisation forcée. Il fait la part belle aux populations indigènes. mais son "slow cinéma" est vraiment très slow. j'ai fini par m'ennuyer sur le bateau et les images violentes à haute dose sont difficiles à supporter.