J'ai hésité à voir ce film : 3h15 en compagnie de collaborateurs et de nazis qui fument et boivent des coupes de champagne avec des petits fours, cela ne me disait rien du tout. Malsain? Sûrement la complaisance avec ces sinistres personnages, pas mon truc. Malsain? toux et crachats de tuberculose.
J'ai appris que c'est une histoire vraie, Jean Luchaire a vraiment été un patron de Presse. Passé d'un pacifisme de gauche après la Grande Guerre, à une collaboration abjecte et un antisémitisme complaisant. Jean Luchaire a vraiment existé, il a été fusillé en 1946. Otto Betz a eu plus de chance, il a écopé de la prison à perpétuité. Corinne Luchaire a vraiment été une actrice a succès et doit sa carrière à deux réalisateurs juifs. Savoir que cela s'est vraiment passé donne à réfléchir.
On ne s'ennuie pas pendant ce très long film mais il manque à Giannoli le génie de Pasolini dans Salo ou de Fellini dans les scènes sulfureuses qui sont encore bien sages : orgies et partouzes mais pas scènes flamboyantes d'enfer. Il y a aussi les crachats et le sang, la mort qui rôde. Ne rôde-t-elle pas aussi pour tous les Juifs menacés, les raffles, les Résistants? On ne s'intéresse que marginalement à ces derniers sauf pour fournir à des connaissances quelques Ausweis qui soulagent la conscience.....
Comment devient-on un collabo? comment devient-on un salaud? On se pose la question en sortant de la séance. Les analogies avec notre actualité ne manquent pas.
