mercredi 5 août 2020

né à jérusalem (et toujours vivant) - Yossi Atia et David Ofek - Israël 2019




 
Une gentille comédie un peu à la Woody Allen. Ronen Matalon est un gentil garçon, plutôt timide (surtout avec les filles). Traumatisé par la série d'attentats qui ont endeuillé Jérusalem et particulièrement la Rue Jaffa dans le courant des années 2000, il exorcise son angoisse en les racontant aux touristes, bénévolement. Malgré le tragique de son propos on s'amuse des travers de son auditoire...Ronen est tyrannisé par son vieux père qui lui téléphone sans cesse et sous n'importe quel prétexte. "je fais ce que je veux, tu fais ce que je veux" lui répond-il quand son fils lui propose des solutions pratiques.
 
Il y a aussi une gentille amourette. Mais comment s'impliquer entre cauchemars, appels de son père et environnement anxiogène?
 
Humour juif, promenade dans Jérusalem en bonus.
 
Ne le laissez pas quitter les écrans! j'étais seule dans la grande salle de l'UGC de Créteil Soleil. 
 






mercredi 29 juillet 2020

Chained / Beloved - Yaron Shani - Israel




Yaron Shani 
est un des deux réalisateurs d'Ajami que j'ai beaucoup apprécié. 
4 heures de VO en hébreu me ressourcent.  

Chained et Beloved forment un diptyque qui raconte la rupture d'un couple. Chained raconte le point de vue de Rashi , le mari. Beloved, celui d'Avigail, la femme. Chained est sorti en salle quelques semaines avant Beloved. Peut être faut-il voir Chained en premier? Pour ma part j'ai commencé par Beloved et j'ai attendu avec impatience Chained avant de rédiger ce billet. 

Les deux films commencent par la même scène : l'échographie montre que l'embryon que porte Avigail a cessé de vivre. Consultation gynécologique. Réalisme documentaire. Douleur d'Avigail.  Le couple très soudé tentera une Five.
Beloved se déroule ensuite dans l'Ehpad où Avigail travaille. Les visages des vieillards sont floutés, image documentaire encore. Deux femmes accompagnent leur père. L'une d'elle est sage-femme, elle propose d'accompagner Avigail dans une préparation à une future grossesse. 
Avigail découvre le groupes de femmes, préparation à l'accouchement,massages,  groupe de parole féministe, voyage de quelques jours en Galilée. Images qui me rappellent les années 70 :  hippies et sororité, corps dénudés (mais floutés ), tendresse entre femmes, chanson autour d'un feu de camp.
Avigail découvre un autre mode de vie, elle n'a plus envie de reprendre sa vie de couple et s'éloigne sans remords de Rashi. Yael adopte un nouveau-né, sa soeur en  perruque blonde vit comme une travailleuse du sexe. Diversité des vies des femmes. La vie rangée d'Avigail n'est qu'une possibilité parmi tant d'alternatives
Chained montre Rashi à son travail de policier, violences familiales, fouilles d'adolescents, répression. Rashi, policier consciencieux, est accusé d'agression sexuelle lors d'une fouille corporelle qui s'est mal passée. Il est consigné chez lui, interdit de poursuivre son travail. Chez lui, il s'oppose à la fille d'Avigail - 13 ans-  avec violence. Croyant la protéger, il la braque et veut faire acte d'autorité auprès d'Avigail qui prend mal les reproches. Avigail croit résoudre le conflit en renvoyant son mari chez ses parents. Rashi vit très mal la séparation et l'indifférence de sa femme alors que lui-même vit une crise au travail. 
Les acteurs vivent leurs personnages. Eran Naim incarne le rôle de Rashi. Stav Almagor est magnifique.

C'est un film très prenant, brut, sans artifice, presque un documentaire. Parfois tendre, parfois violent. 
Je suis curieuse de découvrir Stripped, le troisième volet de l'histoire qui est un triptyque. 







vendredi 26 juin 2020

L'ombre de Staline - Agniezka Holland




Pour une rentrée au cinéma, j'ai fait le bon choix!

Film historique avec reconstitution d'époque : 1933, Moscou, son Hotel Metropol fréquenté par les journalistes étrangers agréés par le régime, l'Ukraine où sévit une terrible famine. 

Thriller mené de main de maître, on ne s'ennuie pas un instant en suivant les péripéties du voyage en URSS de Gareth Jones, jeune reporter free lance à la recherche d'un scoop. Venu avec l'idée d'interviewer Staline comme il a interviewé Hitler, il découvre que son contact a été assassiné à la veille d'un voyage en Ukraine. Comment Staline finance-til ses grandes réalisations? On li suggère que "l'or de Staline" serait le blé ukrainien. Gareth Jones prend le train  et la réalité dépasse de loin ce qu'il pouvait imaginer. Pourra-t-il rentrer à Londres? 

Dénonciation d'un génocide. 

Dénonciation aussi de Fake news - propagande stalinienne que relaient les journalistes occidentaux, en tête Duranty, prix Pulitzer. 
Gareth Jones,  un lanceur d'alerte. 
Le film gagne ici aussi en actualité. 
Ce n'est pas une fiction. 

Pédagogie, pas seulement. C'st aussi un très beau film. L'Ukraine sous la neige est d'une beauté à couper le souffle.

Un très bon film





jeudi 12 mars 2020

Un fils - film tunisien de Mehdi Barsaoui



Je ne lis pas les critiques avant d'aller au cinéma. J'aime découvrir. Le cinéma tunisien m'intéresse, cela me suffit. 
Le film commence dans l'insouciance d'une fête de famille dans l'été optimiste 2011.  Puis week-end en famille dans le Sud Tunisien, paysages superbes. L'excursion tourne au drame, la voiture est prise dans une embuscade terroriste, l'enfant est grièvement touché. 
Le reste du film se déroule à l’hôpital de Tataouine. Azziz survivra-t-il? 
Film sur la paternité,ou la filiation,  sur les survivances de lois religieuses et conservatrice : l'adultère est puni de prison, l'autorité paternelle est prépondérante. même dans une famille très occidentalisée l'honneur masculin n'est pas à négliger. 
En filigrane, la corruption, la guerre en Libye toute proche, les menaces islamistes...
Un film complexe. Un thriller aussi. l'enfant survrivra-t-il? 

lundi 2 mars 2020

Porgy and Bess -Metropolitan New York retransmis au Cinéma du Palais

Les retransmissions d'opéras au cinéma sont maintenant largement répandues et pourtant c'est la première fois que je profite de cette merveilleuse occasion! Aller à l'opéra au Cinéma du Palais de Créteil ne me semblait pas réellement aller à l'Opéra. C'était un préjugé idiot et la salle comble témoigne de l'engouement du public. 
Porgy and Bess joué à New York est évidemment gage de qualité dans la mise en scène, dans les voix, les chorégraphies et les chœurs! 
Eric Owens (Porgy), Angel Blue (Bess)



vendredi 28 février 2020

Black waters - Todd Haynes

Les films mettant en scène des avocats menant enquête sont une sorte de spécialité du cinéma américain.

 On pourrait imaginer David contre Goliath (Dupont de Nemours), nuançons, l'avocat est employé par un cabinet d'affaires spécialisé dans la défense des intérêts des industries chimiques, il connaît toutes les ficelles du métier.


Opposition entre la ville Cincinatti et la campagne de la Virgine de l'Ouest, entre la modernité et un monde rural passéiste? Dupont de Nemours  essayé cette ficelle en accusant le fermier qui a perdu ses vaches de négligence, voire de manque d'hygiène. 

Par hasard, en défendant le fermier, l'avocat soulève un problème de grande ampleur qui donne lieu à un procès-fleuve qui s'étale sur des années et des années. 

Le film dure 2h06, et c'est juste assez long pour suivre les développements de l'affaire. On ne s'ennuie pas, les acteurs sont excellents et très convaincants.

J'en suis ressortie abasourdie : il ne s'agit pas d'un désherbant dont on pourrait se passer, il ne s'agit pas d'un produit exotique : il s'agit du téflon qui recouvre nos ustensiles de cuisine et de nombreux objets de la vie courante, je ne sais même pas lesquels. Vais-je faire le ménage dans ma cuisine? La molécule toxique serait présente dans le sang de 99% de l'humanité. Quel crédit accorder à cette assertion?
Dans quel monde empoisonné vivons-nous?


jeudi 20 février 2020

Lettre à Franco - Almenabar

 Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit... »
— Miguel de Unamuno lors de sa dispute avec Millán-Astray


La réponse de Miguel Unamuno, recteur de l'Université de Salamanque est connue. En revanche les évènements précédant ce discours et l'arrivée au pouvoir de Franco le sont moins. Ce film est une leçon d'histoire. Leçon qui mérite d'être méditée actuellement alors qu'on oublie parfois comment le fascisme s'est installé et qu'une certaine droite "décomplexée" se fait entendre.  

Magnifiques décors de la ville et de l'université de Salamanque !