Une gentille comédie un peu à la Woody Allen. Ronen Matalon est un gentil garçon, plutôt timide (surtout avec les filles). Traumatisé par la série d'attentats qui ont endeuillé Jérusalem et particulièrement la Rue Jaffa dans le courant des années 2000, il exorcise son angoisse en les racontant aux touristes, bénévolement. Malgré le tragique de son propos on s'amuse des travers de son auditoire...Ronen est tyrannisé par son vieux père qui lui téléphone sans cesse et sous n'importe quel prétexte. "je fais ce que je veux, tu fais ce que je veux" lui répond-il quand son fils lui propose des solutions pratiques.
Il y a aussi une gentille amourette. Mais comment s'impliquer entre cauchemars, appels de son père et environnement anxiogène?
Humour juif, promenade dans Jérusalem en bonus.
Ne le laissez pas quitter les écrans! j'étais seule dans la grande salle de l'UGC de Créteil Soleil.
Yaron Shani est un des deux réalisateurs d'Ajami que j'ai beaucoup apprécié.
4 heures de VO en hébreu me ressourcent.
Chained et Beloved forment un diptyque qui raconte la rupture d'un couple. Chained raconte le point de vue de Rashi , le mari. Beloved, celui d'Avigail, la femme. Chained est sorti en salle quelques semaines avant Beloved. Peut être faut-il voir Chained en premier? Pour ma part j'ai commencé par Beloved et j'ai attendu avec impatience Chained avant de rédiger ce billet.
Les deux films commencent par la même scène : l'échographie montre que l'embryon que porte Avigail a cessé de vivre. Consultation gynécologique. Réalisme documentaire. Douleur d'Avigail. Le couple très soudé tentera une Five.
Beloved se déroule ensuite dans l'Ehpad où Avigail travaille. Les visages des vieillards sont floutés, image documentaire encore. Deux femmes accompagnent leur père. L'une d'elle est sage-femme, elle propose d'accompagner Avigail dans une préparation à une future grossesse.
Avigail découvre le groupes de femmes, préparation à l'accouchement,massages, groupe de parole féministe, voyage de quelques jours en Galilée. Images qui me rappellent les années 70 : hippies et sororité, corps dénudés (mais floutés ), tendresse entre femmes, chanson autour d'un feu de camp.
Avigail découvre un autre mode de vie, elle n'a plus envie de reprendre sa vie de couple et s'éloigne sans remords de Rashi. Yael adopte un nouveau-né, sa soeur en perruque blonde vit comme une travailleuse du sexe. Diversité des vies des femmes. La vie rangée d'Avigail n'est qu'une possibilité parmi tant d'alternatives
Chained montre Rashi à son travail de policier, violences familiales, fouilles d'adolescents, répression. Rashi, policier consciencieux, est accusé d'agression sexuelle lors d'une fouille corporelle qui s'est mal passée. Il est consigné chez lui, interdit de poursuivre son travail. Chez lui, il s'oppose à la fille d'Avigail - 13 ans- avec violence. Croyant la protéger, il la braque et veut faire acte d'autorité auprès d'Avigail qui prend mal les reproches. Avigail croit résoudre le conflit en renvoyant son mari chez ses parents. Rashi vit très mal la séparation et l'indifférence de sa femme alors que lui-même vit une crise au travail.
Les acteurs vivent leurs personnages. Eran Naim incarne le rôle de Rashi. Stav Almagor est magnifique.
C'est un film très prenant, brut, sans artifice, presque un documentaire. Parfois tendre, parfois violent.
Je suis curieuse de découvrir Stripped, le troisième volet de l'histoire qui est un triptyque.
Salam travaille sur le tournage d'un soap opera que son oncle dirige à Ramallah. Son travail consiste à servir des cafés et à faire des petites courses. Mais il a une compétence : il parle parfaitement hébreu et corrige l'accent des acteurs arabes. Il intervient dans les dialogues au grand scandale de la scénariste qui démissionne. Salam est alors promu scénariste alors qu'il est dénué d'imagination et incapable d'aligner plusieurs mots.
Tel Aviv on Fire raconte une histoire d'espionnage à la veille de la guerre des Six Jours.
Tous les jours Salam qui habite à Jérusalem doit passer le même check-point. Assi, l'officier est fan de cette série et rédige les dialogues de l'épisode suivant.
Salam devient l'otage d'Assi qui lui dicte la fin de l'histoire.
Comédie où l'on sourit beaucoup mais qui se calque sur l'occupation. Comment s'en sortir sinon par l'humour?
Comédie qui raconte aussi la réalité quotidienne des Israéliens et des Palestiniens qui partagent beaucoup plus qu'on ne peut l'imaginer, qui regardent les mêmes feuilletons à la télévision, apprécient la même cuisine orientale. Des références à Oslo, des regrets ou des critiques pour cette impasse.
Des personnages touchants, Salam avec sa maladresse, sa vantardise. Assi, l'officier qui rêve d'éblouir sa femme en apparaissant dans le feuilleton, des femmes tellement vivantes!